Consultation publique sur le projet de PCAET 2026-2032 – Vendée Grand Littoral
Contribution d’AC de Vagues au projet de PCAET 2026-2032
AC de Vagues partage la nécessité de doter Vendée Grand Littoral d’un PCAET ambitieux et opérationnel. Le projet actuel identifie utilement les principales vulnérabilités du territoire : tensions sur l’eau, recul du trait de côte, pression touristique, dépendance à l’automobile et fragilité des milieux naturels.
Toutefois, comme le relève la MRAe, plusieurs objectifs restent insuffisants au regard des trajectoires régionales et nationales (SRADDET et PPE). Le programme d’actions ne permet pas non plus de déterminer précisément comment les objectifs annoncés seront atteints et contrôlés.
1. Une trajectoire énergétique en retrait des objectifs régionaux
La consommation d’énergie du territoire est passée d’environ 700 GWh en 2014 à 753 GWh en 2023, soit une hausse de 7 % (+ 0.8 % par an).
Pour 2032, Vendée Grand Littoral retient un objectif d’environ 595 GWh, correspondant à une baisse de 15,05 % par rapport à 2014. Compte tenu de l’augmentation enregistrée depuis cette date , l’atteinte de cet objectif suppose désormais une diminution d’environ 21 % par rapport à la consommation observée en 2023 (- 2.3 % par an). Cet objectif implique donc un effort réel et obligatoire d’inversion de la tendance.
Cette trajectoire reste toutefois nettement en retrait de celle du SRADDET appliquée au territoire, qui conduirait à environ 469 GWh en 2032. La MRAe relève ainsi que les objectifs du PCAET sont deux fois moins ambitieux que ceux du SRADDET et de la PPE3.
Nous demandons que l’écart avec les trajectoires du SRADDET et de la PPE3 fasse l’objet d’une justification chiffrée, qu’une trajectoire annuelle indicative soit publiée, que la contribution attendue des actions structurantes soit estimée, au moins sous forme d’ordres de grandeur, et que soient précisés les modalités d’ajustement en cas d’écart significatif avec la trajectoire prévue
2.Mieux articuler la ressource en eau et la capacité d’accueil
Le diagnostic reconnaît que la ressource en eau constitue une vulnérabilité majeure. La consommation d’eau double en période estivale en Vendée, tandis que le changement climatique en réduira la disponibilité.
L’action n°19 prévoit de concilier le développement des activités avec la disponibilité de l’eau et la capacité d’accueil du territoire. Cette orientation est pertinente, mais elle ne s’accompagne d’aucun seuil, ordre de priorité entre les usages ou mécanisme précis de réexamen des projets.
Nous demandons que Vendée Grand Littoral s’engage, en lien avec le SMAV et le SMBL, à rendre accessibles et à vulgariser les conclusions des études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) dès leur validation, puis à réexaminer en conséquence les objectifs et les actions du PCAET relatifs à l’eau et à la capacité d’accueil, au plus tard lors du bilan à mi-parcours. Le dispositif de suivi devra également être complété par des indicateurs saisonniers permettant de mesurer les tensions sur la ressource, notamment en période estivale.
3. Fixer des objectifs mesurables pour le tourisme
Le PCAET présente le tourisme comme un pilier de l’économie locale, mais ne quantifie pas clairement sa contribution aux consommations d’eau et d’énergie, aux émissions et aux déplacements.
L’action n°24 repose principalement sur la sensibilisation, les labels, la promotion des mobilités douces et les outils d’information. Ces mesures sont utiles, mais les indicateurs proposés mesurent surtout les démarches engagées et non la réduction effective des impacts.
Nous demandons que Vendée Grand Littoral estime la contribution du tourisme aux consommations d’énergie et d’eau, aux émissions de gaz à effet de serre et aux déplacements. Sur cette base, des objectifs chiffrés à l’horizon 2032 devraient être fixés dans les domaines sur lesquels la collectivité peut agir et orienter l'aménagement du territoire. Le suivi devra distinguer les moyens engagés des résultats obtenus et comporter des indicateurs saisonniers, exprimés à la fois en valeur totale et, lorsque cela est pertinent, par visiteur ou par nuitée.
4. Intégrer les grands projets touristiques connus
Le PCAET étant territorial, ses scénarios ne devraient pas se limiter aux seules actions de la collectivité. Ils doivent intégrer, au moins de manière agrégée, les effets prévisibles des grands projets publics et privés susceptibles d’influencer les consommations d’énergie et d’eau, les émissions, les déplacements et la fréquentation durant la période 2026-2032.
Le projet de parc d'attractions dédié au surf à Talmont-Saint-Hilaire constitue à ce titre un cas significatif. Cet équipement touristique, comprenant deux bassins de vagues artificielles, ne peut que générer de nouvelles consommations énergétiques, de nouveaux déplacements et une fréquentation supplémentaire.
Le PCAET n’a pas vocation à autoriser ou à interdire un projet. Il doit néanmoins permettre de vérifier sa compatibilité avec la trajectoire climatique, la ressource en eau et la capacité d’accueil du territoire.
Nous demandons que Vendée Grand Littoral précise :
si les effets prévisibles du projet de surfpark ont été intégrés, même de manière agrégée, aux scénarios du PCAET ;
dans l’affirmative, quelles hypothèses ont été retenues concernant ses consommations d’énergie et d’eau ainsi que les déplacements et la fréquentation susceptibles d’être générés ;
dans la négative, selon quelles modalités ces effets seront intégrés au suivi de l’atteinte des objectifs et au réexamen du PCAET ;
5. Rendre la sobriété foncière opérationnelle
La MRAe relève une consommation de plus de 35 hectares par an d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) au cours des premières années de la décennie, contre moins de 17 ha par an en moyenne pour respecter l’objectif de division par deux de cette consommation sur la période 2021-2030 fixé par la loi Climat et Résilience (cadre loi ZAN).
Nous demandons que Vendée Grand Littoral fixe une trajectoire chiffrée de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF), comportant un plafond cumulé pour la période 2021-2030 et une référence annuelle moyenne. Un bilan régulièrement actualisé devra présenter les surfaces consommées depuis 2021,l’écart avec la trajectoire et le volume restant disponible jusqu’en 2030. Ces objectifs devront être traduits de manière cohérente dans le SCoT et le PLUi en cours de révision.
Les difficultés méthodologiques ne doivent pas conduire à renoncer aux valeurs initiales, aux objectifs chiffrés et aux échéances.
AC de Vagues demande que les observations de la MRAe et de la consultation publique conduisent à renforcer réellement le PCAET, et pas seulement à compléter sa présentation.
Un PCAET crédible doit permettre de vérifier que les décisions d’aménagement et les nouveaux projets restent compatibles avec les ressources, la capacité d’accueil et les engagements climatiques du territoire.
Plus d'informations : https://enquetes.vendeegrandlittoral.fr/index.php/595366?lang=fr et Brochure PCAET VGL 2026-2032


